Renaud, le chanteur énervant des années 70,
toujours adoré, protégé par ses fans, et tant critiqué par les
journalistes et autres détracteurs, faisait escale à Bruxelles ces 8 et 9 novembre
2016. La salle mythique de Forest National affichait complet pour ces deux dates
belges du Phénix tour 2016-2017 du chanteur ressuscité. Présenté comme l’événement
musical de la chanson française de cette année, ce concert du 9 Novembre a
livré beaucoup de réponses aux nombreuses inquiétudes que ses fans avaient
quant à un éventuel retour... Asseyez-vous sur un banc, cinq minutes avec moi et
revivons ce concert extraordinaire.
Les billets étaient mis en vente le 17 mars
et, le soir-même, Renaud a été obligé de donner une date supplémentaire suite à
la forte demande de ses fans belges. Mercredi 9 novembre, à Forest National, vers
midi, les rues voisines de la salle sont déjà toutes aux couleurs rouges du
bandana du chanteur et au son de tous ses albums dans toutes les petites
restaurations et bars des rues de Forest.
Très vite, nous apprenons que des fans
ayant réservé des tickets pour la fosse sont aux portes de la salle depuis huit
heures du matin pour être assurés d’une place au premier rang. Le chanteur
étant absent depuis dix ans, ses fans ne veulent pas le manquer et sont prêts à
braver la pluie qui se fait incessante ce jour-là.
Ouverture des portes à six heures et demie
du soir. Un contrôle de sécurité, un scanning de ticket et nous voici dans le
couloir de la salle. Nous atteignons nos fauteuils et, en cinquante minutes,
Forest National est plein à craquer, les spectateurs scandent le nom de Renaud
une heure avant le début de son concert.
A vingt heures, nous avons droit à une très
jolie découverte. Gauvain Sers, un jeune artiste venant de la Creuse en France,
assure une première partie étonnante. Un jeune artiste qui parle dans ses
chansons de Modiano, de la France et sa Marianne et du Djihad. Une première
partie sert à chauffer la salle - c’est réussi - et à faire découvrir de
jeunes artistes talentueux - c’est extrêmement bien réussi ! Nous venons
d’assister à la découverte du Renaud moderne.
Il est vingt heures et quarante minutes,
les lumières s’éteignent. La clameur du public se fait entendre et les premières
notes du single du retour de Renaud se font entendre. Les frissons sont
garantis et l’émotion palpable. Une mise en scène réussie, un rideau blanc
cache la scène avec un projecteur qui montre Renaud qui sort d’un long tunnel
sombre, illustrant sa descente aux enfers, mais après une minute sur les notes
de "toujours debout", il arrive à la sortie du tunnel, dans la
lumière. Le premier rif de la guitare électrique se termine, le rideau tombe, Renaud,
micro en mains, entame son concert. Emotions, frissons et bonheur garantis. Il
y a une ambiance si chaleureuse et bruyante dans les spectateurs que, l’espace
de quelques minutes, on ne se croit plus à Forest national et ses huit milliers de places mais
carrément au stade de France et une cinquantaine de milliers de places.
La voix, comment va-t-elle pendant
cette entrée en scène ? Certes, elle apparait fatiguée et abimée pendant ce
premier morceau et, suite à la standing ovation après ce premier morceau, il
enchaine les chansons et, dès la deuxième chanson, la voix revient et est même
surprenante. Par moment, on retrouve Renaud et sa voix d’antan !
Le concert se poursuit et si la mise en
scène est épatante dès le début du concert, elle est de plus en plus bluffante
tout au long du concert. Renaud a laissé de coté ses décors naturels, pour
cette tournée de plus de cent dates, il s’est entouré de panneaux virtuels qui
nous font évoluer dans des différents mondes tous en accord avec les textes de
ses chansons. Pour exemple, lors d’une de ses nouvelles chansons, intitulée "Les
mots", on voyage dans une bibliothèque et on ouvre différents ouvrages
d’auteurs à qui le chanteur rend hommage, comme Victor Hugo, Sartre ou encore
Zola. Un décor qui nous emporte pendant plus de deux heures de concert.
Du coté de l’ambiance, il n’y a pas
vraiment de mots. C’est comme si les fans avaient voulu combler les dix ans de
silence de Renaud en chantant avec lui et en l’ovationnant pendant ses deux
heures et quarante cinq minutes de spectacle ! Preuve que sa voix tient le
coup, car il enchaine une trentaine de chansons sans arrêts et offre même à son
public belge un rappel de plus de trente minutes.
Les grands succès s’intercalent entre ses
nouvelles chansons, "Mistral gagnant" met comme à son habitude tout
le monde d’accord et tout le monde se lève pendant plus de trente minutes pour
féliciter Renaud qui offre une prestation incroyable et chaleureuse. Il crée
une atmosphère de fête et de solidarité qui fait oublier tout ce qui se passe
dans notre société actuelle. On ne peut pas nier qu’il a toujours un coté
fédérateur qui rassemble tous ses fans. Lors des chansons rythmées comme "Dès que le vent soufflera" ou encore "Marchand de cailloux",
c’est une salle entière qui s’enflamme et qui s’emporte. Il faut le voir pour
le croire et pour le comprendre.
Le concert qui s’était ouvert sur "Toujours debout" se referme sur "Fatigué", un de ses textes issus des années 80. Il clôture
lui-même à l’entame de cette dernière chanson, "j’ai commencé mon concert
par Toujours debout, je vais le clôturer par Fatigué. Oui, fatigué mais
toujours debout !" Et c’est un succès incroyable. C’est un retour
gagnant du phénix qui a réellement pu renaître de ses cendres. Un événement
incroyable, une voix qui tient la route, une tournée exceptionnelle, un public indescriptible
et un retour gagnant de Renaud. La conclusion de ce concert se fait en une
phrase : Renaud laisse jamais béton, reste debout, ton public est morgane
de toi.
Maxime Flamand, 6G
Maxime Flamand, 6G
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