mardi 25 octobre 2016

La Fondation Folon

C’est dans les années 90 que Jean-Michel Folon, célèbre peintre belge, décide de rassembler, en un même lieu, les œuvres qu’il a conservées durant les quarante dernières années de sa vie. Il imagine et crée alors la Fondation Folon, dans le parc Solvay à la Hulpe, dans le but de présenter au public sa vie de manière unique et vivante, mais aussi de nous faire découvrir son univers artistique ainsi que de nous faire passer des messages forts sur différents thèmes comme l’environnement, les droits de l’homme, les enfants maltraités, l’écologie...


Premièrement, le musée est agencé comme un labyrinthe. Lorsque nous entrons dans la fondation, un grand livre avec un écran nous fait face. Une vidéo nous est montrée et, une fois terminée, le « spectacle » commence. Le livre s’ouvre comme si Folon nous ouvrait le livre de sa vie.

Les différentes pièces racontent l’histoire de Folon et retracent son art. La première partie du musée nous montre ses œuvres sous forme de pages de livre géant, les différentes aquarelles réalisées ainsi que les couvertures que l’artiste a dessinées pour la revue américaine « The New Yorker » ainsi que celles du « The Time magazine », mais pas que : Folon a aussi réalisé plusieurs couvertures de livre et affiches de films.

Ensuite, nous arrivons à la deuxième partie de l’exposition. Celle-ci ne présentera uniquement les sculptures de l’artiste qui se retrouvent aussi dans le parc de la Fondation. Une vidéo de Folon lui-même nous fait par de son ressenti quant à la sculpture et nous nous retrouvons pour cela dans son atelier.

Dans d’autres pièces, nous pouvons admirer les autres facettes artistiques de l’artiste. Parmi les œuvres défilent sérigraphies, gravures, objets détournés, vitraux...

Enfin, en ce qui concerne l’ambiance du musée, de la musique, des films, des effets d’optique animent le parcours afin que l’artiste puisse nous faire visiter son univers. Nous entrons dans un livre géant, dans la tête de l’homme bleu - personnage emblématique de Folon, nous nous retrouvons dans des jeux de miroir, nous pénétrons dans l’atelier de Folon et pour finir le parcours, sous une myriade d’étoiles on peut voir au centre de la pièce, la Terre d’où partait une échelle sur laquelle tournait l’homme bleu.

Même si les œuvres peuvent paraitre abstraites, au-delà de sa vocation d’artiste, la Fondation poursuit un objectif éducatif axé sur les valeurs humaines auxquelles Folon était attaché : l’environnement, les droits de l’homme, les enfants maltraités, l’écologie... visant à un développement culturel et artistique. Le monde de Folon est celui d’un adulte resté enfant, mais c’est aussi celui d’un artiste émouvant et passionné.

Alexandra Pene, 6G

lundi 24 octobre 2016

Un festival d’« humour local »

« L’Arabie est quand même le seul pays au monde où ne circule jamais, mais alors là jamais, la moindre blague sur… les femmes au volant ! » Et le ton est donné pour une longue soirée placée sous le signe du rire, histoire de fêter la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et pour la circonstance, ce 27 septembre, la Salle Saint-Michel est sold-out pour accueillir la comédienne et humoriste belge, Laurence Bibot, venue présenter, devant un parterre d’invités, son dernier spectacle « Bibot debout » de retour au pays après des escales parisienne et new-yorkaise.


Ce « stand up à la belge » nous fait voyager de la maison de repos à l’école de Romuald, en passant par l’expo d’Amnesty et l’avenue Franklin Roosevelt ; ce faisant, il mélange d’authentiques souvenirs personnels, des anecdotes inventées qui sentent bon le vrai et même une rapide galerie de portraits masculins peu flatteurs, il est vrai, du « lâche ambigu » au « psychorigide », sans oublier l’« homme-enfant », le « décomplexé naïf »… et M. Van Brabant [sic !], le professeur de son fils qui utilise une comparaison inattendue pour lui expliquer la différence entre technique de transition et de qualification ! On l’aura compris, loin des sketches habilement cousus façon Michel Leeb ou Gad Elmaleh, aux antipodes des Raymond Devos et autres Bruno Coppens qui dégainent les jeux de mots plus vite que leur ombre, ce «one-woman-show » saute sans cesse du coq à l’âne : en verbomotrice talentueuse, l’humoriste nous emmène dans les méandres de sa pensée qui vagabonde constamment sur un itinéraire chahuté, voire « surréaliste » comme en témoignent son « ceci n’est pas une pipe » qui tombe après une série de mimiques à peine suggestives ou le fait d’ériger les annonces diffusées au micro chez Delhaize au rang de « poésie urbaine » !


Si ses « cafés serrés » servis sur la Première à 7h40 ou ses « chroniques » savourées à l’heure du goûter dans C’est presque sérieux vous ont, comme moi, mis en appétit, vous ne serez pas déçus par le « waterzooi » de ce spectacle. Tout en participant à la formidable et féconde veine des humoristes belges, spécialistes ès autodérision et humour décalé, Laurence Bibot n’en impose pas moins son originalité, revendiquant au passage, dans le contexte de la pensée unique et de la mondialisation, une sorte d’exception culturelle souvent appelée belgitude et qu’elle nomme l’« humour local, incompréhensible au-delà de Bastogne ».

Simon Desseille, 6G

dimanche 23 octobre 2016

Les « Gansta » du rap français

Florian et Olivio, alias Bigflo & Oli, se sont produits sur scène le 16 septembre dernier à Namur, dans le cadre des Fêtes de Wallonie. Ces deux frères toulousains passionnés par le rap depuis très jeunes décident, en 2005, par le biais de Youtube, de se lancer à leur tour dans le rap. Ce n’est qu’un peu plus tard, en faisant des « battles » de rap ou encore en jouant lors de premières parties de concerts, qu’ils commencent à se populariser. 


En 2012, les deux frères publieront un clip en compagnie du célèbre rappeur français Orelsan, puis après la signature au label Polydor, c’est grâce à sortie de leur clip « Monsieur tout le monde » qu’ils se révéleront au grand public. En 2014, ils utilisent les codes du rap bling bling dans leur clip « Gangsta », qui a atteint plus de 16 millions de vues sur Youtube, pour se moquer du rap dit de « Gangsta » et, posant le problème que le rap français est trop souvent "pas terrible", ils confirment donc leur place de futurs grands du rap français. Dans ce clip, débutant avec de nombreux clichés du rap tels que les grosses chaînes en or ou encore les voitures de luxe, Bigflo & Oli se lavent de tous stéréotypes et nous montrent grâce à leurs talents d’écriture, que leur rap est différent, ce qui les démarque des autres rappeurs. Le fait d’ajouter une pointe d’autodérision à leurs chansons fait d’eux la nouvelle référence de rap de 2016.

Leur album « La Cour des grands », sorti en juin 2015, s’est classé second du Top Album en France pendant plusieurs semaines et sixième en Belgique. Pour leur premier album, c’est un franc succès puisque il s’en est écoulé plus de quinze mille deux cents exemplaires en une semaine. Ce premier album est composé de seize titres inédits à succès dans lesquels le binôme se donne la réplique, chacun incarne un personnage. On perçoit une lucide maturité chez ces jeunes, enchaînant d’efficaces refrains à la fois dynamiques et émouvants. En effet, tout est travaillé dans cet album, les textes, les rythmes, l’instrumentale, les sons. Etre auteur-compositeur à vingt et vingt-trois ans n’est, en effet, pas donné à tout le monde, ce qui prouve encore une fois leur place dans le monde du rap.

Mais Bigflo & Oli ne s’arrêtent pas là ! Le 7 octobre dernier, le célèbre duo toulousain nous dévoile leur nouveau clip « Pour un pote » en collaboration avec Jean Dujardin, qui se met, lui aussi, au rap. Il s’agit de la bande originale du film « Brice de Nice 3 » dans lequel figure bien évidemment Jean Dujardin dans le rôle principal. Un acteur oscarisé qui se met au rap, du jamais vu ! Bigflo & Oli marquent le coup avec ce nouveau clip.


Vous l’aurez compris, Bigflo & Oli font passer un message à travers chaque chanson de façon humoristique, sans faire de morale. Pas de violence verbale, ni d’insultes, ce rap assez doux les différencie donc des autres rappeurs et les rendent uniques. D’excellentes métaphores et personnifications sont aussi présentes dans les textes de ces artistes, cela change de l’ordinaire car l’alchimie des mots fonctionne très bien. Un grand parfum de jeunesse émane aussi de leurs chansons, apportant une certaine tendresse à leurs œuvres, décrivant ce que vivent les jeunes aujourd’hui ou faisant voyager les moins jeunes en leur rappelant les bons souvenirs du passé. 

Les frangins touchent un très large public et, comme le dit si bien leur devise : ce n’est que le début !

Salomé Mikulinski, 6G

La Calle de los pianistas

Nous sommes le mercredi 21 septembre aux Bozar à Bruxelles. Il est à peu près vingt heures et un large écran se dévoile devant un public dans lequel plusieurs langues résonnent : français, espagnol ou encore néerlandais. Nous sommes cependant tous là pour regarder un seul et même film : "La Calle de los pianistes".


Le film en version original commence, celui-ci est en espagnol mais sous-titré en français et anglais. Plus un bruit dans la salle ; action !

« La Calle de los pianistas » (ou « La rue des pianistes » en français) est un film de Mariano Nante, un jeune cinéaste argentin bien décidé à remettre en images une histoire plutôt complexe et inimaginable se déroulant dans la belle capitale belge : Bruxelles. 

Une rue, une trentaine de maisons et deux familles. Nous nous trouvons rue Bosquet, en plein centre d’Ixelles. Dans cette rue calme résident deux familles atypiques: La famille Tiempo-Lechner. Cette famille d’immigrés argentins prodiges dans une chose en particulier: le piano. Sergio et Karin ont une fille de quatorze ans, Natasha, qui s’avère déjà reprendre à la perfection l’héritage musical de ses parents. Natasha s’interroge pourtant sur son futur et se demande que faire plus tard. De l’autre côté du mur mitoyen séparant les deux maisons habite la fameuse pianiste Martha Argerich, probablement la plus grande pianiste de notre époque.

Ce film d’auteur retrace l’histoire improbable de deux familles s’étant installées par hasard à Bruxelles, l’une à côté de l’autre, dans la même commune, dans la même rue, dans la même maison et vivant dans la plus parfaite des méconnaissances jusqu’au jour où Martha Argerich apprend l’existence de Natasha après que celle-ci joue un peu trop fort au piano. Une liaison d’amitié enrichissante pour les deux femmes se crée rapidement menant Natasha à une décision capitale dans sa vie.


Juste après la projection, un concert de Karin Lechner et Natasha Lechner en accapella au piano. Durant plus de quarante-cinq minutes, les deux pianistes nous font écouter avec joie leurs compositions. Juste après, un drink organisé par les Bozar nous permet de rencontrer le réalisateur ou encore d’autres personnalités comme l’ambassadeur argentin, les acteurs du film et plusieurs stars. 


Un mot de fin est ensuite adressé au public toujours aussi enthousiaste qu’au début du film. Vers vingt-deux heures trente, une majorité du public retourne chez lui pendant que le reste reste faire la fête jusqu’au bout de la nuit.


Hadrien Bouvier, 6G

Eternité

À l’affiche du Caméo de Namur, ce dimanche 25 septembre 2016, le nouveau film de Tran Anh Hung, Éternité, sorti le 7 septembre 2016, n’a pas amené grand monde ! Pourquoi ? Sommes-nous plus réceptifs à la violence qu’à l’amour, au bruit qu’au calme, à la vitesse qu’à la douceur du temps qui passe ?

Le réalisateur, Tran Anh Hung, a réuni Audrey Tautou, Bérénice Bejo et Mélanie Laurent pour ce qu’on appelle un drame. Ce film est  en vérité  l’adaptation du roman L’élégance des veuves d’Alice Ferney, paru en 1995.

 

Un véritable torrent d’amour pur, vrai et une sensation de liberté nous emportent du début jusqu’à la fin de ce chef-d’œuvre.

L’harmonie des mouvements, les ralentis, la douceur des touchers, véritables caresses, les murmures apaisants des mamans et de la nature créent une ambiance bienfaisante.

Peu de dialogues, de temps en temps, une narratrice, à la voix douce, ou une musique superbement choisie, accompagnent notre imagination. L’histoire réelle de trois femmes, leurs joies, leurs peines, leurs bonheurs, bref la vie avec ses sourires et ses pleurs de génération en génération.


Certains diront  "ça dure une éternité", dans ce cas, quelle belle éternité, que de beaux sentiments ! Nous pouvons nous réjouir qu’à travers les époques dans notre culture, ces belles valeurs résistent et inspirent des auteurs qui nous captivent par nos émotions. Donc, d’autres diront, ce n’est pas un drame, c’est l’espérance et l’amour.

Marie Grégoire, 6G